article du canis Familaris avec l'authorisation de l'auteure

 

LA FEMME – LE CHIEN  (1)          

ET L’OBÉISSANCE

Par Andrée Mercure 

 

Wow! On me demande de rédiger un article pour une revue. C’est très excitant tout ça, mais c’est une chose que je n’ai jamais faite. Qu’est-ce que les gens vont penser de mon article??? Ai-je suffisamment de connaissances pour faire une chose pareille??? Mon Dieu, j’oubliais, il faut que je dégèle un poulet pour le repas de ce soir… Bon, à quoi je pensais… Ah, oui : l’article. Je pourrais sûrement y arriver. Il s’agit de m’y mettre… Eh bien ça va devoir attendre; j’ai un lavage qui se termine et je dois en commencer un autre…

Ceci n’illustre-t-il pas la façon de penser de plusieurs femmes? Nous, les femmes, n’avons-nous pas cette capacité de pouvoir gérer plusieurs choses à la fois? Ne sommes-nous pas très sensibles à l’opinion des au-tres? Ne pensons-nous pas au bien-être des membres de notre famille avant de penser à notre propre bien-être? Étant généralement plus volubiles que les hommes, n’aimons-nous pas tout expliquer en détails; n’excusons-nous pas souvent les maladresses commises par nos enfants vis-à-vis des étrangers?

À mon avis, toutes ces façons d’agir propres à la femme lui nuisent sou-vent lorsque confrontée à l’éducation d’un chien. Je m’explique :

Fouetter plusieurs chats à la fois :

Le chien ne pouvant se concentrer que pour de courtes périodes et ce, surtout au début de son apprentissage, il est très important de travailler rapidement et intensément. Son comportement peut changer au dixième de seconde et il faut donc être très concentré pour capter et récompen-ser immédiatement celui recherché.

Pas question d’essayer de lui apprendre deux choses à la fois! Il faudra même très souvent procéder par étapes pour en arriver à l’accomplisse-ment d’un exercice précis.

L’opinion des autres :

Je crois qu’elle peut être valable si ces «autres» sont des gens qui com-prennent les chiens. Trop souvent, les «autres» sont des personnes qui souffrent «d’anthropomorphisme chronique» et qui traitent donc les chiens comme des enfants.

Il ne faut jamais oublier que la personne qui trouve terrible que vous empêchiez votre chiot, disons berger allemand*, de sauter sur elle, n’au-ra pas, au cours des dix prochaines années, à défrayer le coût de nettoya-ge de vêtements que ce comportement entraînera! (*s’applique aussi aux petits chiens qui ont également souvent les pattes sales!)

Ceci n’est qu’un exemple d’une situation ou l’«autre» n’a pas beaucoup réfléchi sur les problèmes qu’un comportement jugé non acceptable dans une société d’humains peut entraîner.

Le bien-être du chien :

Je crois bien que presque toutes les femmes, lorsqu’elles en sont à leurs premiers balbutiements dans ce domaine, ont tendance à traiter le chiot comme un petit enfant. Elles veilleront donc à ce qu’elles considèrent être le bien-être du chiot, sans pour autant penser aux conséquences désastreuses que cela pourrait avoir sur leur propre bien-être, Car n’étant pas un enfant, le chien interprète souvent ces attentions comme de la faiblesse de la part de cet humain et il aura vite fait de «l’entraîner» à répondre à tous ses caprices!

Combien de fois ai-je entendu une femme me dire: «il est si mignon, il arrive avec sa balle et aboie pour que je joue avec lui…»; «Il est si mi-gnon, il me griffe la jambe car il a besoin que je le prenne; il m’aime tellement…».

Quelques mois plus tard, elles ne savent plus comment les faire taire et/ou comment les empêcher de griffer, de sauter, de mor-diller, etc.

Explications détaillées :

Les chiens ne comprenant pas notre langage, il est donc préféra-ble de garder les explications au minimum et de se concentrer plutôt sur notre langage corporel.

En effet, tous ces palabres sont généralement interprétés par le chien comme un manque de contrôle. En observant un groupe de chiens, vous vous rendrez vite à l’évidence que celui qui se com-porte avec assurance est silencieux et calme, est celui que les autres aborderont avec déférence.

Prenez-en bonne note et essayer d’adopter cette attitude avec votre chien.

Excuser les maladresses :

Étant donné que le chiot est souvent considéré comme un «bébé», les femmes ont tendance à excuser ses maladresses.

Encore une fois, ceci est perçu par le chien comme de la faiblesse et il aura vite fait de vous ignorer.

Dès l’arrivée du chiot, il est important de lui faire clairement com-prendre ce qui lui sera permis et ce qu’il lui sera défendu de faire et d’insister pour qu’il respecte ces règles de la maison.

Je pense que notre devoir est d’apprendre à notre chiot à s’épanouir en tant qu’animal vivant dans un monde d’humains, en respectant des règles de conduite claires, et ce, au meilleur de nos connaissances, et en prenant en considération les conseils des « autres » qui s’y connaissent.

Je pourrais écrire encore longtemps au sujet de la relation femme/chien; je ne l’ai qu’effleuré, mais malheureusement j’ai un poulet et une lessive qui m’attendent!

  

Andrée Sauvageau Mercure

Membre CAPPDT

Membre IPDTA

Membre Canadian Kennel Club

Propriétaire-instructeure DM École d’obéissance Canine

(« clicker » de la Maternelle à l’Utilité + Rally-O)

Elle s’’intéresse à l’obéissance canine depuis mainte-nant 15 ans. Son chien Clouzo a eu l’honneur de se classer 3ième schnauzer nain et 6ième terrier au Canada en obéissance en 2008 et il n’avait que 2 ans! Elle termine présentement son cours de thérapeute en comportement canin chez CCS. 

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